QUARTUS Club Seniors 3
11/04/2019 Marcy Lambletin

Les alternatives aux EHPAD | Vivre autrement sa vieillesse

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  • Les EHPAD souffrent parfois d’un manque certain de qualité. Dans cet article, découvrez les causes qui peuvent pousser les EHPAD à perdre en qualité, et les bonnes idées pour redonner un peu de Soleil intérieur à nos chers seniors (eh oui, car près de 98% des seniors en EHPAD souffriraient d’un manque de vitamine D !).

    Le fonctionnement des EHPAD en bref

    Un EHPAD est un établissement médico-social que l’on appelle également résidence de service senior. Ainsi, on peut y retrouver des personnes parfaitement autonomes comme des personnes avec un haut niveau de dépendance dû à une infirmité ou à des pathologies chroniques (Alzheimer, Parkinson).

    Il convient de souligner que les EHPAD ont été mis en place par la loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 concernant la rénovation de l’action sociale et médico-sociale. Cette loi fixe notamment les conditions de transformation progressive des anciennes maisons de retraite médicalisées en EHPAD. Il faut également savoir que la loi du 24 janvier 1997 et les décrets du 26 avril 1999 fixent le cadre législatif et réglementaire permettant à un établissement d’accueillir et d’héberger des personnes âgées de 60 ans et plus. Enfin, c’est le Code de l’action sociale et des familles qui définit le mode de fonctionnement des EHPAD.

    Concernant le statut d’un EHPAD, il faut savoir que ce type d’établissement médicalisé peut être public ou privé. Ainsi, un EHPAD peut être géré soit par l’État, soit par une association, soit par une ONG. Par ailleurs, la création d’un EHPAD est soumise à une autorisation délivrée de manière conjointe par le président du Conseil départemental et le directeur général de l’ARS ou l’Agence régionale de santé.

    L’établissement doit préciser ses objectifs de qualité en matière de prise en charge des personnes âgées et les moyens financiers dont il dispose pour faire fonctionner l’établissement. Ainsi, quel que soit le montant du budget de fonctionnement, il doit respecter un système de tarification prédéfini. En effet,  selon le Code de l’action sociale et des familles, les différentes charges afférentes à cette activité doivent être cataloguées en fonction de trois segments tarifaires, à savoir l’hébergement, la dépendance et les soins. Prenons quelques exemples sur la manière de répartir les charges.

    Personnel

    Hébergement

    Dépendance

    Soins

    Restauration et services généraux

    100 %

    0 %

    0 %

    Agents de service

    70 %

    30 %

    0 %

    Psychologue

    0 %

    100 %

    0 %

    Aides-Soignants

    0 %

    30 %

    70 %

    Médecins

    0 %

    0 %

    100 %

    Auxiliaires médicaux

    0 %

    0 %

    100 %

     

    Les EHPAD se doivent également de :

    • faire preuve de solidarité envers les personnes âgées.
    • être transparent au niveau des coûts et des charges.
    • utiliser des moyens médicaux performants.
    • adopter une démarche basée sur la recherche permanente de la qualité.

    État des lieux des EHPAD en France

    Sur tout le territoire français, les EHPAD affichent une répartition inégale. De manière générale, les zones rurales sont plutôt bien loties par rapport aux zones urbaines. Depuis près de deux ans, les principales organisations syndicales des personnels des EHPAD se sont battues contre l’application des nouvelles règles en vigueur depuis le 1er janvier 2017. En effet, ces syndicats dénoncent le fait que les moyens mis à leur disposition se sont considérablement affaiblis et que la réforme de la tarification aggrave les choses. Depuis la grande grève du 30 janvier 2017, la réforme en profondeur du financement des maisons de retraite médicalisées que réclament les syndicats n’a pas encore eu de réponse positive.

    Quoi qu’il en soit, il est important de faire un état des lieux de ces EHPAD. Il faut savoir que le nombre de personnes vivant en EHPAD est évalué à 728 000, selon le CNSA. Leur moyenne d’âge est de 85 ans. Un cinquième de ces 728 000 personnes entre en EHPAD avec un diagnostic d’Alzheimer ou une autre pathologie similaire. Autre chiffre important, près d’un EHPAD sur quatre est géré par le secteur privé. Ainsi, 75 % des EHPAD sont gérés par l’État et les organisations à but non lucratif.

    Pour ce qui est du coût d’hébergement médian, il est de 1 953 € par mois. Par ailleurs, il convient de noter que le type de structure et la localisation influent énormément sur ce coût.

    Des EHPAD décriés

    Avec les nouvelles règles introduites en janvier 2017, les EHPAD manquent de plus en plus de moyens aussi bien financiers qu’humains. En effet, avec les réductions successives des aides octroyées par l’État, un service qui n’est pas exceptionnel, pour un coût qui ne cesse d’augmenter, il semblerait que les personnes du 3e âge ne soient pas dans les meilleures dispositions dans ces EHPAD.

    Au cours de ces dix dernières années, de nombreuses enquêtes et de nombreux témoignages ont fait état de conditions de vie difficiles des seniors dans les EHPAD. Certains témoignages parlent de négligence au niveau de l’hygiène, de la restauration et des traitements au quotidien. Les témoignages vont encore plus loin en évoquant un manque total de considération de la part du personnel, se manifestant parfois par des violences psychologiques et physiques.

    Concernant le manque de personnel, il s’agit avant tout d’un impératif lié aux finances. En effet, certains EHPAD réduisent leurs dépenses au maximum et cela se ressent au niveau de la qualité du service offert. Dans certains EHPAD, on ne trouve qu’une aide-soignante pour 15 personnes âgées.

    Toutefois, il ne faut pas généraliser et avoir à l’esprit qu’il existe bien évidemment des EHPAD où le service et le personnel sont de qualité.

    Les initiatives originales dans les EHPAD

    Il faut également reconnaître que certains EHPAD font des efforts pour donner une image plus positive de leurs établissements. C’est le cas, par exemple, de l’EHPAD de Parigné dans le département d’Ille-et-Vilaine, en Bretagne. En effet, les responsables de cet EHPAD ont permis, en 2017, l’ouverture d’une petite épicerie au sein même de l’établissement. Cette initiative répond à un désir émis par les résidents ; à savoir « avoir à portée de main les produits du quotidien ». Ainsi, cette épicerie permet aux résidents d’acheter du dentifrice, du savon, du shampooing, des friandises, etc. Cette épicerie revêt un aspect tout à fait pratique, mais il contribue aussi à dynamiser la vie en groupe et à responsabiliser les résidents.

    L’implication des résidents et de leurs familles est aussi un moyen utilisé par certains EHPAD pour améliorer l’épanouissement des personnes âgées dépendantes. C’est dans cette optique que l’EHPAD du Val-de-Saire a mis en place un projet de valorisation de la charte des droits et des libertés des personnes âgées dépendantes. C’est la directrice de l’EHPAD, elle-même, qui était à l’origine de cette initiative. L’idée était de créer une bande dessinée qui explique plus simplement le contenu de la charte des droits et des libertés des personnes âgées dépendantes. Tout le processus de création de cette bande dessinée s’est fait sur le principe d’échanges intergénérationnels. Ainsi, avant de finaliser le scénario de la BD, on a demandé à des enfants et aux résidents de l’établissement de s’asseoir autour d’une table et de discuter pour faire émerger des problématiques aux tonalités plutôt inattendues et originales. L’implication des deux parties a également été visible au moment de la conception du scénario, et même pour la réalisation des dessins. Cette activité culturelle apporte de la considération aux résidents. Les résidents de l’EHPAD s’amusent tout en ouvrant leur esprit et entretiennent leur imagination.

    L’ouverture à la culture est aussi une manière pour les EHPAD d’améliorer et de dynamiser la vie quotidienne de leurs résidents. C’est dans cette optique que l’Établissement d’Hébergement pour Personnes âgées dépendantes Notre-Dame-des-Vignes, à Albertville, a mis en place plusieurs projets culturels. L’idée, née en 2014, était d’amener la culture au sein de l’EHPAD. Ainsi, parmi les manifestations culturelles qui ont lieu ponctuellement à l’EHPAD Notre-Dame-des-Vignes, on retrouve des expositions temporaires chaque trimestre, des spectacles de théâtre organisés régulièrement par la Compagnie le Puits, une grande compagnie théâtrale de l’Isère. Ces spectacles constituent des rendez-vous qui offrent la possibilité aux résidents d’entretenir de véritables relations avec les comédiens. L’EHPAD Notre-Dame-des-Vignes incite également les résidents à participer à la vie culturelle de la région. Ainsi, des visites guidées sont réalisées ponctuellement dans les différents centres de la culture de la région. D’ailleurs, depuis 2010, chaque premier mardi du mois, les résidents partent visiter le riche patrimoine historique et culturel aux alentours de Notre-Dame-des-Vignes.

    L’EHPAD La Brunetterie de Sèvres-Anxaumont a décidé en 2010 d’aménager une salle d’exposition. Leur principal objectif est de proposer un moment de détente et un moment ludique à ses seniors. L’établissement se démarque également par la présence d’une borne musicale dans l’espace. En fait, il s’agit d’un jukebox spécialement dédié aux personnes âgées dépendantes. Il propose une large gamme de musiques et une très grande facilité d’utilisation.

    Enfin, l’initiative de l’EHPAD de Seurre, en Côte-d’Or, est tout à fait originale. En effet, en 2016, l’établissement a décidé d’initier ses résidents à l’aviron, mais de façon virtuelle. Des rameurs parfaitement adaptés ont été installés avec un écran. Le but, ici, est d’apporter aux résidents un moyen original pour entretenir leurs capacités physiques. Il s’agit également de dynamiser la vie en groupe en leur permettant de partager un moment privilégié.

    Les alternatives aux EHPAD

    Des alternatives aux maisons de retraite médicalisée existent également !

    Retour à la famille

    Certaines familles hébergent leurs parents seniors. Il faut alors que l’appartement ou la maison d’accueil respecte quelques critères d’accessibilité. Par exemple, il faut que les escaliers soient assez larges et pas trop raides afin de faciliter le déplacement à travers la maison. Bien évidemment, il faut qu’il y ait au moins une personne pour s’occuper d’un senior. Ainsi, si l’enfant qui l’accueille travaille pendant la journée ou pendant la nuit, il est possible de faire appel à une auxiliaire de vie ou d’une assistante de vie. L’autre solution serait d’équiper le senior d’un bracelet d’alerte. Il s’agit d’un système qui permet à la personne qui le porte de contacter un service d’urgence disponible et joignable à tout moment (24h/24 et 7j/7). Si l’enfant veut s’occuper lui-même de son parent senior, bien qu’il a un emploi à plein temps, peut avoir recours à un congé spécial appelé « congé de proche aidant ». Il s’agit d’un congé non payé d’un an qui permet de se consacrer à temps plein ou à temps partiel à un parent senior.

    Habitat coopératif

    Si l’on n’a pas trop d’affinité avec les EHPAD, il est aussi possible de placer une personne âgée dépendante dans un habitat groupé ou coopératif. Il s’agit d’une alternative principalement mise en place par les communes et qui vise à offrir aux seniors des conditions de vie descentes et une vie sociale animée. Cette structure est plus conviviale et moins chère qu’une maison de retraite traditionnelle. Ici, l’intervention des auxiliaires de vie et des aides-soignantes n’est pas systématique. De plus, ce sont les seniors qui engagent leurs personnels, pas la structure d’accueil. On essaie de donner plus d’autonomie aux résidents. Et bien plus de considération. Un certain niveau de dépendance est tout de même requis. En effet, une personne atteinte d’Alzheimer ou de Parkinson ne peut pas être admise dans un habitat coopératif. Il convient de noter que ce sont principalement les collectivités territoriales qui assurent l’administration des habitats coopératifs.

    Habitat intergénérationnel

    Enfin, la solution de l’habitat intergénérationnel est une solution pour les problèmes de logement qui touchent les seniors et les jeunes (principalement encore étudiant). Le principe est tout à fait original. En effet, il s’agit ici de faire cohabiter des jeunes et des personnes du 3e âge. Cette alternative a été imaginée par les pouvoirs publics. Appelés résidences intergénérationnelles, ces habitats d’un genre nouveau sont basés sur l’entraide et la solidarité. Les pouvoirs publics veulent ici promouvoir la mixité intergénérationnelle dans les habitations collectives.

    Pour conclure, on dira que la vieillesse et l’accompagnement des personnes du 3e âge doivent être des préoccupations à tous les niveaux. En effet, d’ici 2040, près d’un tiers de la population française sera représenté par des personnes qui auront 60 ans et plus. Les questions relatives aux EHPAD et tout autre dispositif d’accueil des personnes du 3e âge doivent rapidement être résolus pour accompagner toutes ces personnes ! Et vous, avez-vous des idées pour améliorer la vie de nos anciens ?

     

    Pour aller plus loin :